On dit que le temps vous emporte

Et pourtant ça, j'en suis certain

Souvenirs, souvenirs

Vous resterez mes copains

61600.fr/nostalgie

61600/nostalgie

Souvenirs, souvenirs

Je vous retrouve dans mon cœur

Et vous faites refleurir

Tous mes rêves de bonheur…

Il était une fois…

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Le Journal de La Ferté Macé du 5 Août 1934

(compte-rendu du Concours interrégional):


Le Concours interrégional de Gymnastique de la F.G.S.P.F.

  L’Union Régionale de Basse-Normandie fait chaque année organiser un concours de gymnastique qui rassemble toutes ou presque toutes les sociétés bas-normandes des patronages catholiques. Pour rehausser l’éclat de ces réunions, on invite à prendre part à ces concours quelques bonnes sociétés en dehors de la région. C’est ainsi que Laval, Mayenne, Villaines-la-Juhel, Lignières, Pré-en-Pail, Lassay, Orléans, St-Germain-en-Laye, Paramé étaient représentés à ces imposantes manifestations sportives et religieuses.

  Pour 1934, c’est à la Ferté-Macé que revint l’honneur d’organiser cette fête et le soin de recevoir plus de 2.000 gymnastes. Il faut tout de suite féliciter les organisateurs locaux en général et M. Pierre Lebouc en particulier pour la réussite parfaite de leur délicate entreprise. La population entière apporta un concours sans limite pour faciliter une tâche aussi rude et, dès samedi après-midi, les guirlandes et décorations de toutes sortes sortaient  de leurs cachettes pour prendre la place qui leur était à l’avance désignée. Les rues et places sont vite métamorphosées et, à 19 heures, la ville accueillante et gaie est prête à recevoir ses hôtes qui, partout, trouveront un accueil des plus sympathiques.

  À 21 heures, le samedi, une longue et claironnante retraite aux flambeaux marque l’ouverture de la fête. La compagnie des sapeurs-pompiers précède les sociétés arrivées qui prennent part à la retraite: l’Etoile Sportive de Cherbourg, le patronage Pierre-Berthelot d’Honfleur, le Trait-d’Union de St-Germain-en-Laye, la Jeanne-d’Arc de Coutances et l’Amicale Fertoise, société organisatrice. Et, sous les arcs de triomphe et les guirlandes multicolores de toutes les artères, les marches altières entraînent une foule joyeuse.

  De très bonne heure, le dimanche matin, les clairons, trompettes et tambours sonnent le réveil et la ville prend vite une animation dont elle n’est pas coutumière.

  À 5 heures, les opérations du concours commencent. L’organisation du terrain de l’Amicale est parfaite et permet ainsi de juger facilement les 2.000 gymnastes qui viennent exécuter les mouvements imposés par leur fédération. Vers 9 heures, les dernières sociétés arrivent et bientôt les amateurs de barre fixe et de barres parallèles garnissent le tour du terrain.

  À la fin du concours technique, le fanion régional fut passé par la Jeanne-d’Arc de Coutances à la société locale.

Une messe en plein air mettait fin à cette demi-journée déjà bien remplie.

  Dans la salle de l’Amicale Fertoise, un banquet, magistralement servi par l’hôtel du Grand-Turc, réunissait les personnalités militaires, religieuses, sportives et locales. Nous avons remarqué à la table d’honneur: Mgr l’Evêque de Séez, M. le général Jouvin, M. Dentu, sénateur de l’Orne; M. Hébrard, président de la F.G.S.P.F.; M. Fleury, député de Mortagne; M. Roulleaux Dugage, député; M. l’abbé Guibé, directeur de l’Amicale Fertoise; M. Pierre Gautier, M. François Barré, conseiller d’arrondissement, etc.

  En raison du deuil national, le lieutenant-colonel de Saussay, qui devait représenter le général Etienne, commandant de la IVè région, s'était fait excuser.

  Le service fut fait avec toute la diligence qui s’imposait car, dès 14 heures, les sociétés se rassemblaient pour participer au défilé général. Divisées en trois colonnes, les 38 sociétés participantes formaient un cortège imposant dont la concentration eu lieu place du Midi. En passant devant la place du Marché, décorée de mille drapeaux flottants, l’Amicale dépose une gerbe au pied du monument de la Victoire. Et le long ruban de gymnastes aux costumes divers marche fièrement emmené par toutes les cliques des sociétés. La marche est fermée par les personnalités que nous avons citées plus haut et auxquelles M. d’Audiffret-Pasquier, député d’Argentan, est venu se joindre tardivement. C’est à peine si le terrain de concours est assez grand pour contenir toute la foule qui s’est massée derrière le défilé. Les bancs et chaises disponibles sont pris d’assaut et beaucoup de spectateurs devront rester debout.

  Les sociétés rassemblées font un défilé autour du terrain en apportant à la tribune d’honneur le salut de l’athlète - et non le salut fasciste, comme beaucoup se plaisaient à le dire.

  Sous la direction toujours impeccable du sympathique moniteur de l’U.R.B.N., M. Voidies, les meilleurs gymnastes nous font admirer leurs talents souvent acrobatiques et audacieux. Les mouvements d’ensemble présentés par les pupilles d’abord, et les adultes ensuite, entraînés par l’Union Musicale de la Ferté-Macé, sont méritoirement applaudis. Il faut accorder une mention spéciale à l’Avant-Garde Caennaise, à l’U.S. de Beauregard, aux Archers de Laigle, au Trait-d’Union de St-Germain-en-Laye pour leur travail remarquable aux divers appareils.

  La lecture du palmarès et la distribution des récompenses laissent anxieux les intéressés, pendant que la foule s’écoule lentement vers la ville.

  L’apothéose de cette magnifique journée ne pouvait se terminer qu’au parc Barré-Saint où une fête de nuit complétait, comme il convenait, la fête de jour. Vraiment ce fut une fête de nuit, car le parc manquait un peu de lumière. On nous dit que les deux préposés à l’illumination - qui n’étaient pas des professionnels - n’auraient pas eu le temps nécessaire pour mettre leurs projets lumineux (!) à exécution. C’est dommage.

  Malgré cette obscurité propice aux amoureux, plusieurs fanfares se firent entendre pendant les entr’actes athlétiques. L’Intrépide de Pré-en-Paiul fut mise souvent à contribution, mais ses corts furent largement récompensés par des applaudissements qui ne lui furent pas ménagés. Il en fut de même pour la Jeanne-d’Arc de Coutances qui lança ses dernières notes vers une heure du matin.

  Un brillant feu d’artifice, tiré par la maison Noc, devait être le bouquet à une fête dont les Fertois parleront longtemps.


CLASSEMENT GENERAL

Avant-Garde Caennaise, 2.930,85, couronne vermeil; 2. Archers de Laigle, 2.680,70, couronne vermeil; 3. Union Sportive Beauregard, Laval, 2.600,53, couronne vermeil; 4. Trait-d’Union, Saint-Germain-en-Laye, 2.516,65; 5. Groupe artistique de Flers, 2.510,25.

CHALENGE (ADULTES)

Excellence A.B.C. - Avant-Garde Caennaise

Supérieure de première division A.B.C. - Etoile Sportive de Cherbourg.

Excellence D. - Bayard Argentanaise.

Supérieure de première division D. - Espérance de Sainte-Gauburge.

CHALENGE (PUPILLES)

Excellence A.B.C. - Avant-Garde Caennaise

Supérieure de première division A.B.C. - Bayard Argentanaise.

Excellence D. - Espérance de Cherbourg.

Supérieure de première division D. - Etoile Alençonnaise.

CHAMPIONNAT ARTISTIQUE (VETERANS)

Delange, Archers de Laigle, 118 p, plaquette offerte par M. Roulleaux Dugage, député.

CHAMPIONNAT OLYMPIQUE

Marsac, Bayard Argentanaise, 113,50, médaille offerte par M. Dariac, député; Léon Ernest, Jeanne-D’arc, de la Carneille, 98,25; Lerouge André, Saint-Désir, Lisieux, 95,50; Havard, Sainte-Gauburge, 94.


REMERCIEMENTS

  Le concours de gymnastique et de musique de dimanche dernier a été une magnifique journée pour notre ville, pleinement réussie malgré quelques imperfections inévitables.

  Grâce aux autorités municipales qui nous ont marqué une sympathie effective, grâce à l’Union Musicale, à nos sapeurs-pompiers et à l’Union des Commerçants qui nous ont donné leur concours et leur soutien, grâce au service d’ordre dont l’esprit d’initiative et le tact ont été fort remarqués, grâce au service de santé dont les membres nous ont apporté leur dévouement discret, grâce à l’accueil que la presse a fait à nos appels, grâce à vous, Fertois, qui avez superbement décoré vos rues et nous avez aidés de tout cœur, grâce à vous tous qui êtes venus en foule à nos manifestations de la journée, vous nous avez permis de réaliser une réception splendide et enthousiaste aux gymnastes de nos patronages de Basse-Normandie.

  Merci à tous.

Le Comité.


  Contrairement à certains bruits répandus, M. Noc a l’honneur de faire connaitre qu’il n’était nullement chargé de l’éclairage du parc ni des productions lumineuses annoncées au programme du festival de gymnastique. Seules les illuminations des rues d’Hautvie, de la Barre et Saint-Denis, ainsi que le feu d’artifice, ont été exécutées par ses soins.

  Il s’excuse auprès des 5.000 spectateurs présents à la fête de nuit pour le retard apporté au tir du feu d’artifice, retard dû à des circonstances indépendantes de sa volonté, son concours ayant été réclamé au dernier moment pour essayer d’éclaircir une situation un peu obscure.


CARTE «-CONCOURS»

  À la demande générale, la commission du «-Concours» a décidé de reculer la date de clôture du concours au dimanche 5 août 1934, à 20 heures.

  On peut se procurer la carte chez les commerçants, au prix de 0 fr. 50, ou à la maison Orhant, droguerie, rue d’Hautvie.


AVIS

  La collection officielle des photos du concours de gymnastique, qui va être éditée en cartes postales, est dès maintenant exposée à la vitrine de la maison Orhant, rue d’Hautvie.

  Le tirage en étant forcément limité, il est recommandé de se faire inscrire à l’avance.

  La pochette, comprenant les 2* (deuxième chiffre illisible) cartes composant la collection, sera vendue au prix de 3 fr. 75.